La Montée de la Force

La notion de « force » est centrale dans toutes les considérations propres à l’Ennemi, et globalement à ce que l’on peut considérer comme étant rallié au « mal ». Toutes les représentations, surtout cinématographiques, ont toujours tourné autour de ce concept, de cette aptitude qu’il a toujours aussi revendiquée comme lui étant propre, arguant que l’amour était faiblesse, et que la haine était force, que la compassion était faiblesse, que l’humilité, face à l’arrogance du mal, était aussi faiblesse.

Néanmoins peut-on réellement accréditer le fait que le « mal » soit fort?
Malgré les apparences rien n’est moins sûr comme nous le verrons un peu plus loin.

Un peu de George Lucas

Quand bien même les personnages phares de la saga « Star Wars » de George Lucas connaissent-ils un « côté obscur », ce qui est clairement exprimé comme étant « la Force » est propre aux deux camps. Si le côté obscur est une déviance, car toujours y tombe-t-on, ou au mieux la rejoint-on, force (!) est de constater qu’on n’y émerge jamais par défaut, contrairement au côté « lumineux » qu’on ne nomme non plus jamais ainsi tant, finalement, il ne s’oppose pas à celui qui est obscur dans une considération dualistique ou purement manichéenne, mais parce qu’on ne fait quelque part que l’abandonner ou le trahir, parce qu’on s’en éloigne, quittant le centre et son calme pour la périphérie et sa violence, estimant trouver une meilleure et plus puissante version de cette force dans l’exercice du mal, alors que tout le monde sait parfaitement combien céder à la tentation du mal est… facile, et non pas fort! Céder est toujours facile. Mais c’est dans la Force et par la Force que l’on peut tenir.

Le personnage d’Obi-Wan Kenobi définit la Force comme un champ d’énergie créé par tout être-vivant, rayonnant en et autour de chacun, et qui maintient l’unité de la galaxie, néanmoins ne favorisant que certains par l’intermédiaire des « Midi-Chloriens », au détriment d’autres qui en seraient nettement plus dépourvus, justifiant l’émergence de la nature « Jedi », lesquels constitueraient une forme d’élite naturelle à laquelle tous n’auraient pas accès de fait. Ainsi, dans ce contexte fictif, tous ne partagent pas la même disposition face à la Force. Or rien dans la nature, à conditions équivalentes, ne privilégie radicalement un attribut pour certains, en en départissant d’autres, ni au hasard, ni selon une forme de sélection naturelle, ni par défaut; attribut du moins qui ne puisse être acquis par tous in fine grâce à la notion d’effort, lequel est fondamentalement lié à la Force, quel que soit le temps nécessaire à cela.

Alors au-delà du fait que ce « côté lumineux » de la Force tel qu’il est manifesté par l’ordre « Jedi », connaît quelques tares qui lui sont considérablement préjudiciables, surtout face audit « côté obscur », à son pouvoir de manipulation et à sa soif de pouvoir, et bien au-delà du « Jediisme » (tout juste plus sérieux que le Pastafarianisme , mais au moins reposant a minima sur d’authentiques valeurs), et de l’élitisme hasardeux qui potentiellement prédispose n’importe qui à devenir Jedi, qu’en est-il réellement « la Force »?

Du côté de la philosophie

C’est sans doute un peu Leibniz (au demeurant très apprécié de George Lucas, ceci expliquant sans doute un peu cela), mais surtout Spinoza, qui en ont parlé le mieux, ce dernier ayant écrit, en Latin, ce bijou qu’est « L’Ethique ». Il a approché de très près cette notion de « force », percevant l’étroite corrélation existant entre la Force et l’effort, la perpétuation de la vie et de l’intégrité, et la volonté qui va puiser en elle pour obtenir ce résultat.

Je divise la Force d'âme (fortitudo) en Fermeté et Générosité. Par Fermeté (animositas), j'entends un Désir par lequel un individu s'efforce à se conserver en vertu du seul commandement de la raison. Par Générosité j'entends un Désir par lequel un individu s'efforce en vertu du seul commandement de la raison à assister les autres hommes

Baruch SPINOZA
Livre III de l'Ethique

Le conatus est un terme latin habituellement rendu par "effort", que nous pouvons comprendre comme exercice de la force d'exister d'un être (d'une essence singulière, possédant une nature propre). C'est chez Spinoza l'affect fondamental : "l'effort" d'exister, autrement dit de persévérer dans l'être qui constitue l'essence intime de chaque chose.

Spinoza élabore une éthique de la joie. Le but de la vie, selon lui, n'est pas d'être malheureux (…) mais d'être heureux. C'est-à-dire chercher à accroître sa puissance, chercher ce qui nous est vraiment utile (l'utile propre). On pourrait y voir une éthique égoïste. Mais c'est surtout une éthique de la raison. D'ailleurs pour celui qui utilise sa raison, l'utile propre n'est nullement en opposition avec l'intérêt d'autrui, bien au contraire : "l'homme est un Dieu pour l'homme" et l'union fait la force. Par conséquent le sage, pour accroître sa puissance, vivra en société, dans la concorde et la raison.

Pour en revenir à Leibniz et selon sa compréhension, "la Force est l’essence de la matière" (ce qui en ce sens est exact relativement à l’éther tel qu’il le comprenait lui-même). On retrouve cette même idée dans la pensée du physicien Faraday, lequel ne croyait même pas en l’existence de la matière. Il ne voyait dans l’univers qu’une seule Force obéissant à une seule volonté. Ce qu’on appelle "matière" n’était à ses yeux qu’un assemblage de centres de forces. Il considérait chaque atome comme un centre de Forces dont les vibrations se font sentir dans tout l’univers, ce qui, là encore, est tout-à-fait exact. L’éther, en réalité, est entre autres une matrice de laquelle naît la manifestation du plan physique.

Extrait en substance de l’enseignement de
l’Académie Holistique du Savoir

Contexte Archimagistéral

Dans le contexte de l’Archimagistère, « la Force » ne peut se départir de ses trois expressions cardinales que sont l’Amour-Force, la Compassion-Force, et l’Humilité-Force. Cette force, appliquée à ces trois expressions souvent considérées comme des faiblesses par ceux qui ne les pratiquent pas comme nous l’avons suggéré ci-avant, leur accorde une revalorisation radicale.

  1. L’Amour-Force : c’est une énergie créatrice agglutinante accordant la cohérence et les vertus de l’unité à un ensemble d’éléments interdépendants, tant leurs fonctions respectives et replacées dans le cadre de cette interdépendance, font de fait échec à la désorganisation anarchique et au chaos non ou mal maîtrisé. Appliquée au quotidien de la nature Humaine, la Force dégage l’amour de sa tendance à la mièvrerie, à la sensibilité au chantage affectif, et au désir du confort que procure l’illusion, contrairement à ce que procure la vérité, quand bien même n’est-elle pas absolue, et pourtant omniprésente en toute chose soit-elle erronée.

  2. La Compassion-Force : corollaire à l’Amour-Force, la compassion qui est également force est ainsi désengluée de sa sensiblerie et de la naturelle tendance à vouloir sacrifier le cas général au cas particulier plus émotionnellement impactant, donc aussi enchaînant, par l’entrée dans la particularisation d’un jugement partisan relatif à une situation, plutôt que privilégier la vision généraliste de la même situation, face à ce qu’il serait rationnel de prioriser avec courage et détachement. Une telle attitude de courage témoignant de la Force qui la motive, force le sens des responsabilités face au meilleur choix possible à formuler dans le but de ne privilégier que le meilleur intérêt du plus grand nombre possible d’individus, et la cause déterminant la nécessité du choix considéré, grandement susceptible de déjouer les possibles tentatives de manipulations de la part d’autrui, souhaitant jouer sur la corde censée être sensible de la pitié. La Compassion-Force, contrairement à l’Amour-Force, impose en effet un choix, toujours : celui vers qui va l’expression de cette compassion, sans se laisser soi-même engloutir par le « pathos » émanant de la toute humaine empathie. La compassion faiblesse conduit souvent au mauvais choix, bien rarement au bon. Mais seule, la Compassion-Force conduit au choix juste, si triste puissent en être les conséquences, surtout dans le cadre de situations inextricables dont l’issue ne peut être atteinte que par le moins mauvais des choix possibles, hors de toute solution providentielle ou idéale.

  3. L’Humilité-Force : elle est l’attitude dans laquelle toute action devrait être menée. Elle se situe dans une zone médiane intermédiaire entre la dépréciation de soi et la surestimation de soi en tant qu’extrêmes dont rester éloigné absolument. L’Humilité-Force permet à chacun la reconnaissance de sa valeur propre, mais replace également l’individu dans un contexte bien plus vaste que sa propre vision de lui-même. Ceux qui font preuve d’Humilité-Force savent que leur importance est immense, mais qu’ils ne sont qu’au service d’une cause qui sera toujours plus immense qu’eux-mêmes car les humbles dans la Force ne sont jamais ni égoïstes ni égocentriques. Ils savent, ayant maîtrisé la Compassion-Force, qu’il y a de plus grandes quêtes que celle de leur propre satisfaction, de leurs propres désirs, et de leurs propres plaisirs, alors qu’ils savent trouver satisfaction et plaisir dans le désir du service de la cause noble qu’ils ont choisi de défendre, pourtant sans rien en attendre pour eux-mêmes, peut-être dans le renoncement éventuel, mais certainement jamais dans le sacrifice de l’essentiel.

L'Ennemi s'est toujours prétendu fort parce qu'il était capable de ce dont les gens doux et bons étaient pour leur part incapables. Mais l'Ennemi n'a jamais fait ce qu'il faisait par force, mais uniquement par insensibilité. Quand on ne ressent rien, il est particulièrement facile de commettre des actes sans aucune réserve, contrairement à une action nécessaire mais coûteuse en termes de responsabilités et/ou de conscience, face à la torture, parfois, de l’émotion. Alors non, l'Ennemi n'est pas fort. Il est même caractéristiquement faible. La preuve en est qu’il s'effondre devant l'Amour-Force ! C'est nous qui sommes désormais au fait de la Force. Lui, ne s'y est jamais hissé.

La Pracandhasenamukha

La carte de la Force

Il existe une autre source d’inspiration à la notion de Force (morale, intérieure, créatrice, et de la maîtrise du monde par celle de soi-même) : le Onzième Arcane Majeur du Tarot de Marseille.

La carte de la Force parle d’elle-même. Elle exprime la domination douce par la maîtrise calme et paisible de nature féminine représentée par le personnage féminin de la carte, sur la force brute et bestiale représentée par l’animal dont elle tient la gueule ouverte du bout des doigts, en plus d’être numérotée du premier nombre-maître, le 11, symbole majeur de l’Archimagistère.

L’opposé de la facilité ce n’est pas la difficulté, c’est la Force !

Additionnellement, comprenant la nature de la Force en tant que champ d’énergie relayé par tout être vivant, et rayonnant en et autour de chacun en effet, il est parfaitement possible de l’envisager comme une émanation si intimement mêlée à la vie qu’on pourrait ne pas facilement l’en distinguer, alors que la Force demande et mérite pourtant qu’on l’apprivoise et la maîtrise de façon juste afin de permettre à qui s’y essaie, de finalement se dépasser et aller beaucoup plus loin que ne le laissait supposer a priori sa condition naturelle de départ.

Cette maîtrise permet alors de coparticiper de manière immédiatement sensible à l’évolution du groupe auquel appartient le plus directement celle ou celui qui la travaille, puis de proche en proche, des groupes imbriqués les uns en les autres jusqu’à atteindre celui que représente au final l’Humanité elle-même et le monde au sein duquel elle prend place. Dans ce contexte d’échanges multilatéraux, la Force a réellement la capacité de maintenir ou même susciter la cohésion de l’Unité, à la fois aussi en tant que potentiel dynamique, mais également en tant que valeur et idéal vertueux par lesquels la Force peut être exprimée et ainsi leur faire écho.

On peut donc également et sous cet angle, voir la Force, du moins sa manifestation primale, comme un élan naturel de vie rendue indissociable du vivant au sens le plus large et donc accessible à tous sans exception, en tant que pulsion initiale de départ, où venir au monde serait alors la manifestation du premier acte de Force à partir duquel toutes ses autres déclinaisons seraient potentiellement accessibles par l’effet du choix conscient, à condition que l’éducation ait inclus la connaissance de cette ressource omniprésente et la perspective de son apprivoisement, malgré la relative difficulté avec laquelle apprendre à la canaliser et la maîtriser, en soi d’abord, puis hors de soi.

En outre, « fortis », la racine latine du mot « force », signifie « courageux ». Une certaine déclinaison de l’apprivoisement en soi de la Force est fortement liée, en effet, à la notion de courage et de bravoure, qualités de tout héros depuis la nuit des temps. En tant que force morale, le courage est le fait d’agir malgré les difficultés et de ne pas céder à la peur, même face au danger ou à la souffrance. On rejoint ainsi l’article 57 du Code de la Noblesse Orthodole:

Tu cultiveras à jamais le courage et la vaillance et les stimuleras en toi de ton mieux, et ainsi ne céderas à aucune peur, que tu affronteras tant que tu en auras, jusqu'à la maîtriser parfaitement, jusqu'à ce que la peur elle-même craigne ton propre courage !

C’est donc bien la Force qui permet la mise en application concrète de cet article. La Force est ce qui permet de prendre des décisions même douloureuses ou effrayantes parce qu’elles sont justes et sans compromissions, et caractéristiquement hors de le faiblesse de l’apitoiement, du romantisme, et de la sensiblerie. La Force n’est pas l’absence de peur ou de sensibilité. Elle est l’élan qui permet de les maîtriser et d’en vaincre le puissant effet de frein qu’elles peuvent poser sur la capacité de jugement, de raisonnement, et d’action, en permettant d’affronter avec courage ce qui se dresse devant soi, sans jamais se laisser terrasser, ni empoter.

La Force et le sens de l'effort

Si la Force peut être rayonnée en et autour de soi telle une aura à la teinte reconnaissable entre mille, la Force est aussi liée à la notion d’effort qui en est à la fois l’interrupteur, et le moteur. L’effort consiste à fournir une dynamique consciente visant à surmonter une forme de résistance intérieure ou extérieure. Quelque part l’effort est une manifestation concrète de la Force en tant qu’action physique (mouvement) ou psychique (puissance de la volition), déployant une énergie consciente et venant corriger un problème, affronter un obstacle ou dépasser des limitations. L’effort est ce qui enclenche le principe actif de la Force en soi, alors que la Force renforce en soi le sens de l’effort et sa capacité à le déployer. C’est précisément à ce niveaux qu’interviennent en filigrane courage et bravoure.

La Force en tant que ressource collective

Chacun dispose potentiellement des mêmes ressources mais certains en sollicitent certaines davantage que d’autres. Chacun peut non seulement puiser la Force en lui, mais aussi en l’autre, non pas dans une attitude vampirique, mais en se mettant en résonance avec l’autre en tant que parcelle de lui-même. Le courage de tous fournit à chacun la Force dont il a besoin, c’est ainsi parfois celui qui semble en avoir le moins qui met pourtant à disposition ses ressources intérieures pour qu’un autre prenne en relais et manifeste cette force, le second s’enorgueillissant peut-être à tort de la manifester alors qu’il ne dépend que du premier pour ce faire, lui qui met à disposition la force qu’il ignore posséder car elle est celle de l’autre en lui, en tant que parcelle holographique.

La Force et le combat

La Force est aussi l’élan qui permet d’entrer dans le combat, qu’il s’agisse d’un combat sur soi-même face à sa propre inertie, ou d’un affrontement verbal ou physique. Le chercheur de vérité reprend les armes chaque jour pour ne pas stagner sur sa voie et combattre ses démons intérieurs et les petites voix qui lui suggèrent inlassablement d’abandonner.

Vivre avec la notion de combat chevillée au cœur c’est savoir que tout combat se déroule dans l’esprit et qu’il se gagne avant même que le premier coup soit porté par l’un ou l’autre des protagonistes, fidèlement aux traditions des arts martiaux orientaux non-pervertis. On retrouve cette idée dans le Serment des Archalchimistes (extrait):

« Je prête serment de toujours tenter de faire acte de compréhension et de compassion mais avec la force intérieure nécessaire. De toujours accorder le pardon à autrui et à moi-même, tout en sachant me défendre quand cela devient nécessaire, mais sans hargne ni haine, faisant en sorte que mon ennemi vaincu puisse toujours se féliciter de m’avoir eu pour vainqueur. »

L’objectif n’est pas d’écraser l’autre, mais simplement à lui faire déposer les armes, quitte à passer son chemin comme si de rien n’était, sans rancune, lorsque le message est passé. La Force n’est pas le reflet d’un débordement de violence sauvage mais d’une stratégie maîtrisée et d’une action équilibrée ou l’autre reçoit un enseignement en lieu et place d’une humiliante démonstration de supériorité physique, intellectuelle ou psychique qui pourrait non seulement froisser son ego mais aussi le conduire à une logique de vengeance en un cercle vicieux nuisible à tous.

La Force et le Code de la Noblesse Orthodole

En quelque circonstance que ce soit, jamais tu ne déserteras ni ton poste ni les responsabilités y afférant car tu sais que ta responsabilité s'étend sur autrui et que ta désertion pèserait sur lui. Si le doute, le désespoir, ou l'incompréhension devaient t'assaillir, tu tiendras ta position avec courage durant la traversée de cette tempête, par Amour-Force Inconditionnel et par Compassion-Force pour eux, et dans l'Humilité-Force car en vérité tu ne tires aussi ta force que du courage résiduel de tous, comme de ceux qui n'en ont pas encore suffisamment pour eux-mêmes pour leur permettre d’espérer pouvoir tenir comme toi tu t'es engagé à le faire en pleine conscience, alors que tu les représentes ainsi en dignité, tenant ferme pour eux afin de leur donner pour finir la force que tu tires en partie du peu de la leur en tant que la part de toi qu’ils représentent aussi sans que tu en aies forcément conscience.

Article 97

Tu feras de toi-même l’exemple par excellence de l’Amour, de la Compassion, et de l’Humilité, mais dans la Force. Tu feras de toi l’exemple de la Force elle-même. Tu parleras en son nom et tu seras son expression évolutive en la souhaitant de même à tous ceux qui en serait dépourvus. Tu revendiqueras à juste titre par le bon aloi de ton comportement, la grandeur et la noblesse de la Force que tu feras tienne au point d’en devenir l’incarnation-même.

Article 4

Lorsque l’intransigeance, l’inflexibilité, et l’impitoyabilité ne sont ni insensibilité ni fermeture d’esprit, mais seulement non-compromission et expression de ce qui est juste, alors elles sont Force.

Lorsque l’esprit conquérant n’est pas soif de pouvoir hégémonique mais seulement dynamique de dépassement de soi, maîtrise, et conquête de ses limitations intérieures et extérieures, alors il est Force.

Lorsque la violence n’est pas destructrice, mais seulement expression ferme et maîtrisée de la juste nécessité dans la droiture, alors elle est Force, car la non-violence excessive conduit à la passivité, à la démission, à l’exposition de soi à la brutalité aveugle, à la faiblesse, à l’auto-destruction, et à la disparition.

La Force est joie, même dans le désarroi.
La Force est foi, même dans le désespoir.
La Force est calme, même dans la tempête.

La Force apporte en abondance ce qui mobilise en soi l’énergie de la résistance face aux circonstances défavorables de la vie afin de tenir, envers et contre tout, portant le potentiel de risques de dommages personnels à son strict minimum possible, et là où une certaine fatigue susceptible d’apporter la faiblesse, est compensée par la Force, permettant de rester maître de la situation. 

L’expression magnifiée de la Force naît de l’harmonieuse alliance entre le cœur pur et l’esprit clair, de leur intimité, de leur Unité.

La Force est donc paix, connaissance, sérénité, harmonie, et perfection. La Force anime le Grand Tout. Elle est infiniment Vie éternelle de plan de conscience en plan de conscience. La Force conserve une forme de côté obscure mais servant l’Unité du tout, sans aucune forme d’opposition conflictuelle, mais au contraire, toujours complémentaire.

La Force est aussi guerre sur le front de l’intérieur, car il y a toujours un combat à mener contre l’anarchie qui menace si l’on ne tient pas ses positions.

La Force est aussi ignorance, face à tout ce qu’il reste à apprendre, car la somme de ce qui est su sera toujours inférieure à celle de ce qu’il reste à savoir, de ce qui doit aussi faire l’objet d’une plus haute compréhension.

La Force est aussi passion, car la vie doit être vécue dans les élans de la Joie Causale et de l’enthousiasme le plus fort, face à l’accueil en soi de l’ébullition de la vie, sans jamais devenir esclave pour autant de ses conditions, ni se laisser emporter par elles, permettant de trouver en soi le courage, toujours, d’avancer plus loin et plus haut, sans jamais s’arrêter.

La Force est aussi chaos, car elle permet que d’un champ exploratoire de possibilités épuisées, puisse renaître un nouveau champ aux possibilités nouvelles.

La Force est aussi imperfection, car l’aperçu de la valeur de l’erreur et ses conséquences au sein-même de l’expérience, permet une vision triangulée des facettes de la réalité dans l’équilibre des choix conscients transcendant ceux portés vers le bien ou vers le mal, car portés vers le concours à l’accomplissement de l’œuvre amorale, juste, et non-partisane, dégagée de l’illusion, de l’emportement passionnel, de la rigidité, de la sur-mentalisation, du fantasme, de l’irréalité, de l’obscurantisme, des programmations de l’inconscient, des risques de circonvenir aux conditions parfaites et bienveillantes propres au Grand Plan prévu, de l’enchaînement au temps, du karma pour seule expression limitante de tout possible destin, et de l’expression de ce qui est caractéristiquement mauvais.

La Force permet de s’imposer de manière juste et Orthodole, avec assurance, afin de prendre le dessus en toutes les situations, même parmi les plus inattendues.

La Force est une puissance morale et un potentiel dynamique, et se manifeste souvent sous la forme d’une capacité de résistance hors du commun, mais la Force est avant tout autogène.

La Force est toujours accompagnée d’élan du cœur, d’une forme de douceur qui équilibre sa manifestation sans en altérer la fermeté, et sans possibilité de la faire fléchir hors du cadre de l’action parfaitement Juste.

La Force peut être redoutable, en exprimant une puissance de manifestation telle que toute velléité d’opposition en serait de fait réduite à néant devant son indescriptible ampleur. Elle peut aussi être terrible et engendrer la crainte et la déstabilisation intérieure car elle s’ajuste aux situations qui le justifient, le légitiment et le suscitent.

La Force est dans l’expression de la volonté. Elle se manifeste dans la capacité de prendre une décision, une résolution ferme et définitive, un ordre donné, un commandement à exécuter, une exigence, une volonté impérieuse et irréductible propre à influer sur le cours des événements de manière irréductible et irrépressible.

La Force se manifeste envers et contre tout, de manière irréversible, irrémissible, et irrévocable.

La Force est dans la capacité d’imposer et de faire respecter dans son monde intérieur ce que la volonté à décrété, et de s’y tenir envers et contre tout.

La Force peut modifier jusqu’à l’ordre des choses lui-même car elle préside aussi à sa capacité d’émergence sous forme d’événements.

La Force peut permettre de gouverner et de régner dans la justesse.

La Force est dans le Pouvoir* et le Pouvoir est dans la Force.

La Force est hardiesse et audace. Elle est courage, vaillance, intrépidité et bravoure. Elle est aussi témérité et héroïsme, mais avant tout la Force est grandeur et noblesse d’âme.

La Force est possibilité, efficacité et puissance, et poussée suffisamment loin, elle devient la toute-puissance elle-même.

La Force est Orthodole, et ne plus être pervertie!

Relatif à l'exercice du pouvoir selon les "22 Fondements des Actes de Pouvoir" du Code de la Noblesse Orthodole.

La Force de la Noblesse est dans l’Amour de l’Unité

L’Amour de la Noblesse est dans la Force de l’Unité

L’Unité de la Noblesse est dans l’Amour-Force

La Force est force d’évolution en chacun de ses aspects, de la naissance à la mort, de la mort à la renaissance, car il n’y a pas de mort… il y a la Force.