La Noblesse impervertible de l’Âge de Diamant

L’Armorial de l’Archimagistère consigne et rassemble l’identité des membres de la Noblesse de l’Âge de Diamant, en cohésion étroite avec les valeurs et les vertus qui y sont attachées. Tout individu ayant reçu l’Initiation Archimagistérale est élevé au rang de cette Noblesse, non pas « noblesse » orgueilleuse et élitiste, financière et de sang, mais Noblesse réellement authentique, reflet direct de la noblesse de l’âme de qui y est élevé, Noblesse de cœur et d’esprit, en relation étroite avec le Code de la Noblesse Orthodole  qui lui correspond de manière naturelle.

Tout initié confirmé à la tradition Archimagistérale est ainsi élevé au rang de la Noblesse car les critères de sélection le permettant sont particulièrement durs. Ils sont durs car ils sont le reflet du courage et de l’audace, de la détermination dans le progrès intérieur du ou de la concerné(e), ce progrès intérieur personnel qui est l’amorce transmutatoire du progrès du monde, de vil en précieux, de vil en noble. Tout nouvel initié à la tradition, à la philosophie, aux valeurs, et aux idéaux de l’Archimagistère, mais aussi au paradigme nouveau qu’est l’Archimagistère lui-même, embrasse l’ensemble de ce qui en fait la noblesse-même, du moins y aspire de toutes ses forces, ce qui lui vaut le partage de cette noblesse en quelque sorte principielle et primordiale.

Le passé

Les titres nobiliaires des anciens régimes de l’Âge de Fer, du moins occidentaux, ayant connu et fait subir toutes les dérives, toutes les perversions, et tous les abus aux « gueux », soit au « bas-peuple » ainsi nommé avec mépris, étaient à l’origine et à peu près ceux de Chevalier, de Baron [1], de Vicomte (issu de « vice-Comte », désignant donc un noble supérieur en titre au Baron mais inférieur au Comte auquel il était généralement soumis et auquel il rendait des comptes), le Comte (responsable devant son souverain ou suzerain de l’administration d’un comté), le Marquis (responsable de même d’une marche, c’est-à-dire une province frontalière donc particulièrement exposée en temps de guerre), le Duc (placé à la tête d’une armée, et/ou qui gouverne une circonscription administrative supérieure à celle du comté; responsabilité généralement confiée aux membres de la famille du roi), puis le Prince (le roi étant un titre de régence et non de noblesse en tant que tel, même si elle lui est acquise de fait). A seul titre d’exemple cette liste connaît quelques variantes en fonction de certains pays comme les pays germaniques (Allemagne, Luxembourg, Pays-Bas etc.) mais ils ne sont pas les seuls dans le principe, notamment avec le titre de Grand-Duc gouvernant un Grand-Duché hors de toute régence royale mais en assumant d’équivalentes prérogatives (le Grand-Duc que l’on désigne d’ailleurs au moyen du très officiel « Son Altesse Royale »), ou encore l’Espagne avec le titre de « Grand d’Espagne », supérieur à celui de Duc [2].

La réactualisation de la notion de "noblesse"

Ces titres du passé ont donc été prioritairement le reflet de simples responsabilités administratives, avant la décadence de la « noblesse » à laquelle ils sont censés faire référence, et son enlisement dans la perversion et l’oppressif mépris du peuple. Entachés des conséquences de leur propre histoire comme de l’histoire de ceux qui les ont portés, ces anciens titres ne sauraient jamais plus être le reflet d’une éventuelle restauration de leur honneur dans le cadre de l’expression d’une véritable noblesse d’âme, ce qu’ils n’ont donc jamais été. Ainsi, d’autres titres sont appelés à tenir cette place d’honneur et authentique dans le cadre d’une Noblesse impervertible, celle des temps d’Âge de Diamant et des vertus qui le caractérisent, ladite « Noblesse Orthodole ». Ils existent d’ores et déjà et voient leur réalité irrépressiblement s’ancrer dans le fondement-même du nouveau paradigme. La seule exception à l’égard d’un changement radical dans la manière d’envisager les titres de noblesse, est en le titre de Chevalier (avec majuscule à l’initiale), porteur d’un sens profond lié à la bravoure et à la défense des plus faibles, à l’engagement et à la fidélité, et constituant le tout premier titre (et les deux suivants qui lui sont associés, ceux d’Officier et de Commandeur) de la nouvelle Noblesse au même titre qu’il symbolise à lui seul dans l’inconscient collectif, la marque-même de cette noblesse de cœur.

On peut être légitimement amené à s’interroger sur le réel intérêt d’une restauration de la notion de « noblesse », quoi qu’elle vaille et à quoi qu’elle soit rattachée en termes de valeurs. L’Archimagistère considère que la nature Humaine est en soi de deux natures ; l’ensemble de sa population oscillant entre ces deux extrêmes : une nature noble, et une autre vile, notamment en fonction du vécu de chacun mais aussi et surtout, pour la plus grande part, en fonction des exemples qui se font les témoins des différentes expressions de l’une ou l’autre de ces natures, assorties de leurs aspects séducteurs respectifs. Nous avons néanmoins pris le parti de considérer que par nature essentielle et originelle, l’Humain tel que nous le connaissons et le concevons est fondamentalement bon (contrairement à l’opinion quelque peu désabusée d’une grande part de la population Humaine elle-même, rejoignant en cela la célèbre citation de Plaute : « Homo lupus homini », traditionnellement traduite par : « L’homme est un loup pour l’homme », ce qui dénote d’ailleurs une profonde méconnaissance de la nature des loups). Nous considérons donc  malgré tout l’Humain comme fondamentalement bon, malgré sa faiblesse lorsqu’il est l’objet d’une prédation lente et sournoise se faisant passer comme étant elle aussi de nature « Humaine » (cet homme qui serait un loup pour lui-même, alors qu’il n’en est rien). Cette bonté est pourtant avérée mais à condition tout du moins que l’Humain ne soit pas continuellement soumis à la torture physique, morale, mentale, ou psychologique, au chantage à la vie, ou à la tentation du pouvoir, ce qu’exerce sur une très large majorité d’individus la société que nous connaissons le mieux, celle qui est élitiste dans la vilenie et l’inversion corruptrice des valeurs.

Au titre de l’exemple dont la crème de l’Humanité se doit de montrer d’elle-même, la marque de la noblesse est celle qui est affichée en tant que volonté affirmée de prendre à témoin les peuples du monde de l’évidence de la prédominance qualitative de ce qui est considéré comme noble, comparativement à ce qui est vil. En d’autres termes, ce qui est noble est bon pour tous, alors que ce qui est vil n’est bon que pour ce qui est vil.

Ceci dit, il est tout-à-fait vrai qu’en effet nul besoin d’être paré d’un titre de noblesse pour représenter un exemple comportemental aux yeux d’une population en recherche de valeurs. Mais celui qui est paré d’un tel titre, en revanche, se présente publiquement comme étant engagé à vie face à cette impérative responsabilité que représente l’exemple que l’on incarne alors. Donc pas seulement à titre anonyme et passager, mais à titre déclaré et définitif, en ne travaillant pas uniquement sur l’extérieur à soi-même, mais en commençant par soi, en soi, sans jugement d’autrui mais dans l’introspection d’abord. Telle est toute la valeur du Titre de la Noblesse Orthodole : un engagement plein, entier, et inconditionnel de son incarnation, de sa vie, dans l’expression de la noblesse Humaine pour de toutes autres causes que son seul intérêt personnel, et en tout état de cause toujours causes plus grandes que soi ; noblesse dans laquelle on s’est alors engagé, que l’on s’est engagé à respecter, à défendre, et à promouvoir par l’exemple sans discours, sans sermons, mais par son seul comportement, sans attentes d’admiration et de récompenses, mais uniquement dans le seul et unique but de faire ce qui doit être fait en regardant en soi d’abord, terrain sur lequel le membre de la Noblesse Orthodole entame ses efforts de transformation du monde, conformément au serment prononcé.

La "Noblesse Initiatique"

Parler de « Noblesse Initiatique » c’est faire référence à une vie de service désintéressé et de travail sur soi, a contrario d’une noblesse de sang qui se caractérise bien davantage par son oisiveté, faisant, elle, travailler les autres pour son bénéfice propre! Sans entrer dans des détails qui pourraient être consacrés à l’écriture d’un ouvrage complet au moins, tous les membres de cette Noblesse Initiatique, qui est donc à dessein le reflet authentique de la noblesse de la nature Humaine dans ce qu’elle recèle de plus élevé et de plus lumineux, sont censés être rattachés à une autorité unique se faisant la garante de la probité de quiconque prétendant en effet relever de cette même Noblesse. Il existe en l’occurrence onze Titres [3] Nobiliaires représentant chacun une responsabilité accrue par rapport aux titres précédents.

Les Titres Nobiliaires accordés aux Archalchimistes confirmés dans leur démarche vis-à-vie de la voie Archimagistérale poursuivie, donnent lieu à la remise systématique d’une Lettre de Noblesse. Cette dernière est signée de la main du représentant en titre de la Lignée des Rois Sacrés en ce monde, cosignée de la main de son épouse, « l’Adishaloriss », la « Reine Immaculée », en tant que les garants des lois assurant la pérennité des conditions de la liberté des peuples et de l’octroi à chaque individu de ce monde de ce qui lui est nécessaire afin de vivre sereinement et en paix, à jamais hors de la faim, de la peur, de la guerre, et de la précarité, précisément ce à quoi s’engage la « Noblesse Orthodole » elle-même à travers ceux qui en sont les incarnations-mêmes, la représentant en dignité, en sagesse, en grandeur, et en honneur. Chaque membre de la Noblesse Orthodole universelle, et dans le cadre du paradigme Archimagistéral, a le devoir sacré de se faire le relais à titre personnel de l’ensemble de l’idéal propre à l’Âge de Diamant selon ses propres moyens, comme des valeurs-mêmes de cet Âge ; valeurs incarnées par le Couple Sacré qui en est le premier prôneur et l’exemple emblématique et vivant aux yeux de tous.

Aux initiés de l’Âge de Diamant ayant atteint un degré suffisant de progression au sein de la voie Archimagistérale, ayant prouvé par des actes concrets de leur attachement au valeurs et vertus de ce paradigme, et dûment choisis par le Couple Sacré, sont donc remis:

    • leur Lettre de Noblesse attestant leur Titre Nobiliaire,
    • la représentation de leur blason unique dressé à titre symbolique sur base de celui du Couple Sacré (tel que représenté ci-dessus en haut de page) incarnant la « Hiérodarchie »,
    • l’insigne de leur condition nobiliaire sous la forme de « l’Épinglette Armoriale », à arborer, s’ils le souhaitent, par ses détenteurs.

En tout état de cause, la simplicité et l’humilité sont les fondements-mêmes de cette Noblesse exceptionnelle de grandeur à laquelle chacun sera invité à s’identifier et auprès de laquelle chacun en ce monde sera à même de se réfugier en cas de nécessité.

Toute inversion ou tentative d’inversion de ces valeurs, tout irrespect caractérisé et répété d’un ou plusieurs articles du Code de la Noblesse, toute trahison du serment prêté, ne pourra que constituer un ensemble de circonstances caractérisées à la charge du représentant indigne de cette Noblesse, déméritant, déloyal, ou faisant injure à son statut, conduisant l’autorité l’ayant intronisé dans ses fonctions à le désavouer, voire jusqu’à l’anathématiser pour haute-trahison dans les cas portant le plus gravement atteinte à la valeur-même de cette Noblesse sans nulle autre pareille et impervertible, envers et contre tout.

[1] Titre issu de la racine du terme « bravoure », faisant lui-même référence à la noblesse en général comme à l’importance qu’elle exprime, avant de devenir le premier titre réellement nobiliaire officiel, donc attaché au souverain ou au seigneur; le chevalier pouvant quant à lui rester errant, donc franc de toute souveraineté tutélaire jusqu’à ce qu’il fasse allégeance, temporairement ou définitivement par serment à l’autorité qu’il aura choisie par conviction ou proximité avec sa propre sensibilité et le cadre des valeurs qu’il souhaite défendre.

[2] La dignité de Grand d’Espagne a été créée par Charles Quint en 1520, qui, lors des cérémonies de son couronnement comme empereur romain germanique, établit une distinction parmi les nobles espagnols entre les Titulos (les détenteurs d’un titre de noblesse) et les Grandes, successeurs des rico-hombres de l’époque de la Reconquista. (source: Wikipedia)

[3] Le détail de ces nouveaux Titres sont répertoriés sur la page d’accueil de l’Armorial de l’Archimagistère, lequel n’est accessible dans le détail qu’à qui est présentée une Lettre de Noblesse sur laquelle figure l’adresse de la page où est identifiable le détenteur de cette lettre nommément écrite, scellée et estampillée, et où peut être également confirmée la légitimité du porteur du document, attestant que depuis qu’il a été remis entre ses mains, ce dernier n’a pas été désavoué et déchu de son Titre dû à un comportement non-conforme à ce qui définit l’essence-même de la Noblesse à laquelle il aura été élevé.