Précis de Noblesse Orthodole et héritage historique

Si la notion de « noblesse » est aujourd’hui entachée de l’idée de familles parfois désargentées parfois fortunées, quelque peu désuètes, au mieux au comble de l’inutilité et au moins partiellement dégénérées, il est surprenant de constater combien est demeurée vivace l’enthousiasmante notion pourtant toute médiévale de chevalerie en cette aube du XXIe siècle et ère technologique par excellence, alors que l’état de chevalier est malgré le tout premier échelon réel, le premier titre de la noblesse (si nous faisons abstraction de l’écuyer), dénotant entièrement avec ses autres représentants que sont rapidement barons, vicomtes, comtes, marquis, ducs et princes. Nulle considération de ce temps n’aura autant marqué les esprits, fasciné, ou fait rêver que celle de la chevalerie, du haut Moyen-Âge partant du déclin de l’empire romain marquant la fin de l’Antiquité vers 470 – 480, ouverte avec les légendes arthuriennes qui dont en sont manifestement à la base, tout du moins et a minima dans l’imaginaire collectif, jusqu’au bas Moyen-Âge ouvrant sur l’époque dite « moderne » que les historiens font débuter en 1492 avec la (re)découverte du continent américain par Christophe Colomb.

Dans la mesure où la chevalerie (réactualisée) représente également un rang de la Noblesse d’Âme de l’Âge de Diamant Orthodol (en l’occurrence le premier d’entre ses rangs – Cf. l’Armorial ), mais qu’elle est aussi, au moins dans les esprits, très emblématique de la noblesse au sens… noble du terme, nous nous appuierons sur cette notion de chevalerie afin de mettre en évidence l’héritage du passé légitimant cette notion, elle aussi réactualisée, de la Noblesse actuelle et future dite « Orthodole », ré-élevée au sens profond qui est originellement le sien, hors du contre-sens habituel, employant le terme pour décrire sa parfaite inversion : « noblesse » synonyme aujourd’hui d’ignominie, dans une tentative quasiment avouée d’élever l’ignoble au rang d’une pseudo noblesse inversée.

Il n’y a pas à douter que les valeurs et vertus attachées à la chevalerie le soient pour une grande part grâce à la notion de combat, de dignité, d’honneur, et d’héroïsme liés à son propre « âge d’or », au-delà des perversions inhérentes à l’Âge de Fer et des souffrances causées et subies du fait des coups portés par la traitresse loi du karma perverti (onglet : « La terrible loi du karma ») .

Table des matières de cette page

Quelques aspects historiques

On connait finalement très peu le monde de la chevalerie de laquelle nombre d’entre nos contemporains se font une idée très relative ou très romancée, davantage conforme à leurs fantasmes (ou ceux des auteurs de romans ou des cinéastes) que de la réalité historique. D’ailleurs à la fin de cet « âge d’or » de la chevalerie, peu avant la dissolution de l’Ordre du Temple et l’arrestation de son Grand Maître Jacques de Molay, ordonnées par Philippe Quatre le Bel, les chevaliers avaient bien mauvaise réputation ; chose que l’on a oubliée aujourd’hui. On leur aura pourtant restauré cette aura de noblesse et de prestige, de bravoure et d’honneur qu’ils avaient perdue avec le temps. En effet, ne disait-on pas « boire comme un templier » ? Pourtant la chevalerie a rayonné de tous ses feux alors que ce pourtant tout premier titre de noblesse a toujours symbolisé, bien davantage que tous les autres, celle du cœur et de l’esprit, de la vaillance, de la bravoure, et globalement de l’ensemble des qualités et vertus de l’homme noble, courageux (preux), et pur.

La chevalerie, du moins occidentale (car l’équivalent est présent sous de multiples formes de par le monde et son histoire, ne serait-ce qu’au Japon avec les Samouraï) est puissamment dominée par la Chrétienté ; l’Église Catholique ayant étendu sa totale domination au plus loin qu’il le lui a été possible, son fief ayant été l’Occident lui-même. Bien que la chevalerie telle que nous la connaissons soit née juste à l’aube du déclin du Celtisme, l’idée que notre époque contemporaine s’en fait est fortement influencée par l’image tardive du Templier qui n’est autre quelque part qu’un mercenaire rallié à la cause de la corporation de métier qui l’unit à ses Frères d’Armes, mû par des idéaux sur lesquels la population autant que le pouvoir politique en place ont jeté soit leurs fantasmes soit leurs craintes, mêlant déjà à cette époque scandales financiers et religieux.

Jacques de Molay

Jacques de Molay

Pourtant la vocation des Templiers était la sauvegarde et la défense du tombeau du Christ. À leur décharge et pour en terminer sur l’aspect historique de la question, il faut leur reconnaître une adaptation exceptionnelle aux mœurs étrangères, des qualités de gestion hors pair, une tolérance certaine et un sens aigu de la diplomatie car ils sont responsables de la naissance et de la croissance prospère des États latins d’Orient, se confrontant aussi pacifiquement que possible avec les Musulmans en place comptant Saladin à leur tête, dans une harmonie et un équilibre aussi parfait que les conditions d’Âge de Fer pouvaient matériellement le permettre alors.

L’héritage du passé

Innombrables sont les groupements philosophiques ou initiatiques qui aujourd’hui se réclament de l’héritage des chevaliers médiévaux et surtout de l’héritage templier. Si l’accent est alors davantage porté sur l’image extérieure, reprenant néanmoins l’essentiel de leurs valeurs dans un monde qui en manque à ce point, il ne faut pas oublier qu’ils ne furent que la forme donnée à l’époque qui était la leur, aussi longue a-t-elle été néanmoins, à l’émergence d’une volonté collective de justice et de noblesse au sein d’un contexte totalement barbare, jusqu’à ce que la perversion finisse par les gagner aussi, à un degré ou un autre, et qu’ils soient finalement défaits. Se réclamer d’une filiation ou d’un héritage symbolique, culturel, philosophique, voire initiatique, avec une tradition disparue ou devenue obsolète généralement par inadaptation, ne peut que conduire celui qui y aspire à vouloir creuser un sillon vers l’arrière en direction de quelque chose qui a disparu parce qu’il le devait, que la raison en soit bonne ou mauvaise. Tenter de faire du neuf avec du vieux répand la semence du germe de la perversion qui l’a gagné, et conduira l’audacieux, ébloui par ce pan de l’histoire, à s’égarer pour finir sur un chemin pavé de bonnes intentions… En effet, ces dernières ne suffisent pas lorsqu’elles sont davantage motivées par la reproduction de la forme que par la poursuite de l’idéal que constitue l’essentiel, car au mépris de la forme, soit-elle la plus sublime du monde, seul l’essentiel, comme son nom l’indique, peut représenter un moteur suffisamment évolutif pour ne jamais être pris en défaut par les inévitables conséquences des compromissions ayant elles-mêmes pour finalité la conservation de la forme, sachant combien elles sont pourtant transitoires, éphémères, et sujettes aussi à perversion si elle n’évoluent pas en permanence.

La clef essentielle de la Haute-Noblesse en Âge de Diamant : la transmutation

Il n’est pas un secret que le fer de lance comme la clef de voûte du fondement opératif de l’Archimagistère en général et de la Guilde des Archalchimistes en particulier est la transmutation. En somme, nous pouvons très concrètement nous considérer comme les membres « alchimistes » de la noblesse, en l’occurrence Archalchimistes, car cette archi-alchimie est orientée vers la transmutation de ce monde nauséabond en le monde de splendeur qu’il est appelé à devenir selon son propre fondement, par la transmutation du vil en précieux, par la transmutation de la bassesse et de la vulgarité en la noblesse de notre propre nature, laquelle rejaillit inévitablement sur le monde puisque tout est intimement lié.

Dans le même ordre d’idée, cette opération Archalchimique de principe aura restauré la pureté originelle, l’essence même de l’idéal relatif à une véritable et authentique noblesse chevaleresque en la faisant réémerger au-delà de toute filiation corrompue et arriviste, hautaine et méprisante, complotiste et aussi héritière de la perversion des hommes que des valeurs qui l’auront pourtant vu naître.

Notre filiation étant néanmoins réelle, mais c’est dans la pulsion évolutive de la noblesse du cœur de l’Homme, mue par la volonté de l’Absolu en lui et par le plan du UN sans second prévu pour lui, que nous la trouvons et non dans quelque filiation de sang ou de traditions, restaurant une certaine image du passé mais en la faisant impérativement passer au feu sacré de l’athanor spirituel de la transmutation Archalchimique afin de la purifier du poids du passé et de l’idée pesante et karmique que s’en font les foules.

Le parallèle de l’actuelle et future Noblesse Orthodole avec les critères de la noblesse chevaleresque occidentale est néanmoins évident sur bien des points, et témoigne des vertus ayant authentiquement constitué le centre de cet idéal durant de nombreux siècles, qu’il ait été respecté ou bafoué, et ce dans quelques traditions pourtant aussi éloignées les unes des autres qu’on pourrait l’imaginer.

Les fondements communs et transmutés de la chevalerie en tant que référent de la notion de noblesse de corps de cœur et d’esprit

(Textes empruntés ou inspirés de Gérard de Sorval – la voie chevaleresque et l’initiation royale dans la tradition chrétienne)

Dès le plus jeune âge, la fonction de chevalier nécessitait l’entraînement à développer et exercer trois facultés de l’esprit, de l’âme, et du corps (ou des corps psychique, mental, et physique, tel que le préconise l’entraînement à la magie psychique pure) : la Sagesse, la Force, et la Beauté ou aujourd’hui l’harmonie, donc aussi l’équilibre au sein de la manifestation même de l’individu.

Tous les grands textes de la chevalerie médiévale insistent sur l’acquisition indispensable de ces trois facultés pour celui qui voulait devenir un chevalier accompli. La Queste du Saint Graal indique d’ailleurs explicitement les modèles de ces trois qualités :

« Salomon, le plus sage des hommes, Samson, le plus fort, et Absalon, fils de David, le plus beau de la terre ». Il s’agit d’un leitmotiv de toute la geste arthurienne.

La Sagesse est associée à la prud’homie, c’est-à-dire à la conscience éclairée par la science et la prudence, à la perception aiguisée des êtres et de la nature. Elle dépend de la pureté de cœur et de la droiture intérieure autant que la capacité d’observation et d’attention.

En cela, la Guilde des Archalchimistes s’attache à l’éveil le plus aigu possible de la conscience en effet, dite « éclairée » car dégagée du maximum possible d’illusions, par la connaissance et la vigilance, par le savoir et l’attention la plus juste portée sur toute chose, mais la moins « mentalisante » possible, donc procédant du discernement le plus acéré, sur la nature vraie de l’Humain et de son interaction avec les consciences de la nature, cette dernière n’étant pas, et de loin, que du « décors végétatif », ou de… l’environnement. En outre la « droiture sans faille » du Diamant est l’idéal comportemental à suivre par l’ensemble de la Noblesse Orthodole.

La Force est associée à la générosité et à la courtoisie, à la largesse, c’est-à-dire à cette forme d’ouverture et de subtilité d’âme qui permet d’être sensible à l’harmonie, et de répondre aux besoins d’autrui dans le désintéressement personnel.

Là également nous sommes parfaitement positionnés de même en prônant l’Amour-Force en tant que valeur cardinale.

La Beauté est donc la marque de l’équilibre entre tous les aspects. L’aspect physique n’est pas anodin non plus car il témoigne de l’attention portée aux soins du corps en tant que le réceptacle de l’âme, le véhicule charnel plongeant l’âme dans l’incarnation au sein du monde des formes et des conséquences, lui permettant d’y expérimenter les conditions même de son évolution. Le corps est l’outil le plus précieux à cet effet et il convient en tout état de cause de ne jamais être négligeant à son égard. Dans le cas contraire, il ne s’agirait rien de moins que d’une remise en question de la valeur personnelle accordée à la loi d’évolution elle-même, reposant entièrement sur le socle de l’incarnation au sein du corps physique, lui-même compris au sein des corps subtils et donc de l’âme. L’entretien de l’un rejaillissant invariablement sur l’autre.

En outre il faut savoir que la somme des pensées, du moins leur qualité vibratoire, s’inscrit irrémédiablement sur le visage au fur et à mesure du temps qui passe. On parle souvent à notre époque du « délit de sale gueule ». S’il s’agit là d’un jugement de l’autre porté sur sa seule apparence et non sur ses actes, il n’en trouve pas moins son fondement dans une certaine forme de réalité très concrète. Sauf sanction ou bénéfice karmique en rapport et opposé à ce fondement, le visage est le miroir du type de pensées entretenues durant la vie de celui ou celle auquel il appartient. La laideur (comme dans le cas de l’imagerie populaire représentant les sorcières au teint verdâtre avec verrues et nez crochu) est censée être le signe de la laideur intérieure, tout comme le contraire l’est de la beauté de l’âme. Force est de constater que ce n’est pas entièrement vrai, loin s’en faut. Néanmoins l’entretien de la beauté participe à la réunion de l’ensemble des facteurs harmonisateurs des différentes manifestations de la noblesse, tant intérieure qu’extérieure, tant physique, que morale, que spirituelle (tout du moins d’un point de vue symbolique ; mais « symbole » au sens de ce qui est analogiquement incident, donc aussi opérant).

Les trois piliers de l’Arbre Séphirotique

D’une certaine manière, l’exercice de ces trois facultés permettait de réaliser respectivement les trois vertus théologales de Foi, d’Espérance, et de Charité. De même que ces trois vertus sont considérées comme inséparables l’une de l’autre, le chevalier accompli était celui qui savait tempérer la Force par la Sagesse et la Beauté, l’attrait de la Beauté par la Sagesse et le Courage, et incarner la Sagesse dans la Force et l’Harmonie de ses actions. La véritable prouesse dépend donc des trois. Nous pouvons également rapprocher ces trois vertus chevaleresques des trois piliers de l’arbre Kabbalistique, celui de la « Rigueur », de « l’Equilibre », et de la « Miséricorde ». En effet, la rigueur va puiser dans la force sa faculté de ne pas se laisser fléchir, tenter, ou séduire. La sagesse va puiser dans l’équilibre des opposés complémentaires l’art de discerner entre vérité et illusion sans se laisser entraîner dans celle du bien et du mal. Et enfin la beauté va puiser dans la miséricorde, donc dans l’empathie, voire la compassion, l’élégance d’un cœur et d’une conscience, ouverts sur le monde et non renfermés sur eux-mêmes et les seuls intérêts qui leurs sont propres.

Certains auteurs ont effectivement remarqué que Sagesse, Force, et Beauté correspondaient respectivement à l’esprit, à l’âme et au corps, mais aussi à l’entendement, à la volonté, et à la mémoire, ainsi qu’à la tripartition sociale des clercs, des guerriers, et des artisans.

Concrètement, l’acquisition de ces dispositions résultait d’un apprentissage très strict, imposé dès l’enfance à tout aspirant chevalier ou à qui y était destiné de par la volonté des parents ou conformément aux conventions sociales de l’époque. Cet apprentissage consistait à :

  • Discipliner et soumettre la volonté propre par le service d’un seigneur (image de l’exemple et donc aussi de modèle reproductible) en tant que page, valet, et écuyer, ce qui permettait d’obtenir la capacité de jugement juste, éclairée, impartiale, et la maîtrise de soi à partir du sens de l’observation.
  • Développer les énergies physiques d’adresse, d’endurance, de courage, et de concentration par tous les exercices martiaux et les « jeux nobles » comme la chasse et les échecs.
  • Eduquer les gestes du corps et ouvrir la sensibilité à l’harmonie subtile du monde dont le chevalier était chargé de faire respecter l’ordre, par la danse, le service des dames, la poésie et la musique, notamment dans les compétitions psychologiques des cours d’amour.

Mais cet apprentissage et cette discipline n’avaient de sens qu’orientés par la poursuite de la réalisation des vertus spirituelles, des « armes de Lumière » qui, seules, étaient réputées rendre invincible et parfaitement libre.

L'armature spirituelle

Ainsi St. Bernard, rappelant St. Paul, dit que le « chevalier du Christ doit être armé de la patience pour bouclier (Ep. 6,16) qu’il porte et s’entoure contre tout adversaire de l’humilité pour cuirasse (Ep. 6,14) qui préserve les profondeurs intimes, de la charité pour lance, avec laquelle comme dit l’apôtre, se portant vers tous dans la provocation de la charité (Hé. 10,24) et se faisant tout à tous (I Co. 9,22), il combat le combat du Seigneur. Il lui faut aussi le heaume du Salut (EP. 6,17) qui est l’espérance protégeant la tête, c’est-à-dire l’élément capital de l’esprit. Qu’il ait également le glaive de la Parole de Dieu (Ep. 6,17) et le destrier du bon désir ».

Toutes ces vertus morales et théologales avaient pour effet de fortifier les énergies spirituelles dans la grâce agissante du Saint-Esprit, assimilée parfois à la fontaine bienfaisante du Saint Graal.

L’identification de l’attirail militaire aux différentes vertus du chevalier avait en soi également vocation transmutatoire de manière à ne jamais sortir du sillon de la noblesse, même durant la guerre, garantissant de ne pas verser pour autant dans la tentation de la barbarie. Ainsi nous sommes effectivement en présence des vertus de la patience, de l’humilité, de la charité (la générosité et le sens du partage), de l’espérance (la confiance en le plan de l’Absolu), de la parole de Dieu (le verbe sacré et agissant tels le sont les formules mantriques et plus encore la langue Sémérith), et enfin le désir (la volonté ferme) ; vertus qui ne sont autres que les nôtres aujourd’hui, soient-elles réactualisées.

Elles n’auraient pu exister sans une Foi vive et un exercice quotidien de la prière dans tous les actes de la vie. C’est à ce prix que le chevalier pouvait espérer combattre le « vieil homme » en lui et ses instincts rapaces, afin de remettre sur le trône de son cœur, « l’Homme Nouveau », dans la plénitude de son être, et devenir ainsi Maître et Roi de lui-même. Car la force véritable était considérée comme provenant toujours de la rectitude de l’énergie du cœur vivifié par la grâce divine.

Nous voici au cœur opératif même de la vie spirituelle du chevalier qui se devait, même à l’époque médiévale, ne pas laisser son âme se dessécher par l’abandon de toute pratique spirituelle au profit d’une vie exclusivement extérieure telle qu’elle est prônée aujourd’hui dans nos civilisations contemporaines, surtout occidentales une fois encore.

D’ailleurs, en mettant en correspondance les différentes armes du chevalier avec les vertus, St. Paul comme St. Bernard rappellent qu’il y a un usage spirituel des exercices martiaux et du métier de la guerre, transmué en Guerre sainte contre la tyrannie de l’ego : guerre de libération intérieure qui est le prélude à la condition de toutes les autres. Lorsque les « captifs », c’est-à-dire les facultés de l’être spirituel, ont été libérés de la prison du « moi », ils peuvent alors rétablir le « royaume de Dieu » et former la « Cité de Paix ».

Nous avons toujours encouragé la « guerre sainte », le « djihad » mené contre ses propres ombres intérieures, seule voie d’accomplissement de la transformation du monde extérieur, une fois victorieux intérieurement :

V :: Q :: S :: V :: A :: N :: C

« Vincit Qui Se Vincit, Ardet Nec Consumitur »

A vaincu (est victorieux) qui s’est lui-même vaincu, ardent mais sans se consumer.

Et celle-ci n’est autre que l’état où le corps, par la noblesse du sang royal (de « descendance Divine »), est purifié, transfiguré, et glorifié en tant que l’instrument de l’Absolu. Car comme dit St. Paul, si nous naissons corps corruptible, l’œuvre spirituelle achevée consiste à renaître corps incorruptible pour la vie éternelle.

Cet état se caractérise par quatre qualités ; « réalisation de la perfection de la croix (chiffre 4 ; Ndlr) de l’Homme-Roi ».

Les quatre qualités cardinales de l'homme [1] noble

Pour Ruysbroeck, dans son traité intitulé « Le Royaume des Amants », le corps glorieux a quatre caractères ou dons :

  1. la clarté et la transparence qui correspond à l’eau,
  2. l’impassibilité qui correspond à la terre (invulnérabilité),
  3. la subtilité qui correspond au feu (traverser tout, vaincre la matière),
  4. l’agilité qui correspond à l’air (vaincre l’espace et le temps).

D’une certaine manière, l’armement du chevalier évoque ces quatre qualités qu’il s’agit de conquérir :

  1. l’épée et le bouclier manifestant la clarté,
  2. la cuirasse et le heaume, l’impassibilité,
  3. la lance, la subtilité,
  4. le cheval et les éperons, l’agilité.

Ces caractères de l’état glorieux ont également comme reflet la réalisation des quatre signes distinctifs de l’homme noble accompli, à savoir :

  1. l’honneur,
  2. la fidélité,
  3. la prouesse,
  4. la courtoisie.

Ces derniers expriment les quatre vertus cardinales :

  1. la justice (nous dirions pour notre part la justesse –ni bien ni mal, mais ce qui est Juste),
  2. la prudence (de même, la Vigilance assorti au Discernement),
  3. la force (la Force ou l’Amour-Force),
  4. la tempérance (l’Équanimité).

Et les quatre vœux :

  1. la pauvreté (ne pas être obnubilé par l’amassement des biens matériels),
  2. l’obéissance (développer le sens de l’acceptation, notamment face aux circonstances de la vie),
  3. défendre la foi et le faible (se faire l’exemple de l’écoulement à travers soi du plan du UN sans second et de la confiance à lui accorder, et donner la Force de l’Amour-Force à ceux qui ne l’ont pas),
  4. la chasteté (le code de la chevalerie médiévale ne voyait pas en ce terme l’abstinence mais la mesure et la maîtrise, et c’est ainsi que nous la concevons de même, hors de l’esclavage de l’addiction imposé par les sens).

« Est chaste la personne qui tente de vivre sa sexualité d’une manière libérante pour elle et pour les autres. C’est une vertu entièrement positive, non pas renier la sexualité, mais la vivre, de manière libérante ». (Auteur inconnu)

« La chasteté, on en parle le plus souvent comme d’une « privation ». Pourtant, valable pour tous, elle n’a d’autre but que d’aider à construire sa personnalité, dans le respect de la différence ». (Frédéric Dumas)

Ce sont les quatre roues du Char de Triomphe du guerrier ayant réalisé la plénitude de son état. Comme le dit Dante : « par ce vocable « noblesse » on entend perfection en chaque chose de sa nature propre… Ainsi Salomon dit-il dans l’Ecclesiaste : « Bienheureuse la terre dont le roi est noble », ce qui ne veut pas dire autre chose que, dont le roi est parfait, selon la perfection de l’âme et du corps ».

La perfection que nous entendons nous-mêmes appliquer, accessible à tous sans la moindre exception, repose sur les cinq fondements qui la définissent :

  1. l’aspiration à la perfection absolue, même sachant qu’elle n’existe pas dans les formes ni en tant que résultat, et malgré tout y aspirer de toutes ses forces, sans tensions, le plus naturellement du monde,
  2. l’effort orienté vers cette perfection, même sachant que les limites seront vite atteintes, et pourtant les déployer malgré tout,
  3. la sincérité, investie dans cette aspiration et dans ces efforts,
  4. le détachement des résultats liés à la mise en pratique des points précédents,
  5. le sens de l’humour face au spectacle de soi que l’on peut se donner en se regardant dans le miroir, sachant que tout cela n’est qu’un jeu et que la valeur de toute une existence ne réside que dans le fait qu’il soit joué selon les quatre points précédents, car rire de soi dissipe les ombres et nous rend invincibles puis victorieux de nous-mêmes dans la simplicité du chemin.

L'Honneur

L’honneur consiste d’abord à reconnaître la dignité de son âme, à obéir aux exigences élevées de sa nature et à avoir une conscience pure. L’inverse est la bassesse et la vilenie. Le chevalier cultive par-dessus tout cette vertu, cette disposition à voir d’abord en lui-même et chez autrui, l’image de l’Absolu auquel il est censé s’identifier lui-même aussi en tant que mode d’expression conscient du plan de l’Absolu, à la respecter et à l’illustrer. C’est en cela qu’il est aussi censé s’illustrer en tant que serviteur de la cause qu’il défend. Avant d’être un comportement, l’honneur est d’abord une sensation intérieure, un éveil à sa propre conscience spirituelle ; le souci constant de garder et d’accomplir cette part royale, lumineuse et immortelle qui est en soi. L’honneur n’est autre que la garde du cœur. Le sens de l’honneur est toujours inversement proportionnel à l’orgueil égotique.

La Fidélité

La fidélité consiste à maintenir par l’esprit l’orientation du cœur en toutes circonstances. Elle implique la sincérité, la loyauté et la constance. Son contraire est la félonie, la traîtrise, le mensonge.

« La fidélité s’adresse d’abord à soi-même, à cette part honorable du cœur que nous venons de citer. Elle s’adresse ensuite au suzerain, à « la Dame et au Roi du Ciel qui ordonne et gouverne le monde ». Elle s’exprime par le respect absolu de la parole donnée qui est un engagement qui oblige car il repose sur la conscience de la force créatrice souveraine du Verbe divin qui a dit : le Ciel et la Terre passeront, mais mes paroles ne passeront point » (extrait de texte de l’Ordre Souverain et Militaire du Temple de Jérusalem).

Cet aspect est absolument fondamental au sein de la Guilde des Archalchimistes.

La Prouesse

La prouesse est la recherche constante de l’Absolu et du désir de la « gloire », à travers le dépassement de soi-même. Le contraire est la lâcheté, la paresse, la culture de l’inutilité et de la stérilité. Il s’agit de sortir vainqueur des combats, des aventures et des épreuves, lorsque la vie n’est que combat pour la perpétuation de l’expérience de vie et de la vie elle-même ; lorsque nous souhaitons pour notre part, faire prendre conscience au monde que la vie n’a d’importance que dans le cadre de l’aventure de l’âme qu’elle représente, ce que doit devenir autant que possible le quotidien de cette vie ; lorsque cette vie n’est pas qu’un long fleuve tranquille suscitant la faiblesse intérieure et les caprices de la personnalité, mais au contraire un parcours initiatique fait d’épreuves forgeant en soi la victoire en l’Absolu, dans la confiance en le plan prévu et la remise de son existence entre les mains du Soi Suprême en soi, menant à la prouesse suprême, laquelle ne doit JAMAIS être perdue de vue : la Réalisation intérieure, le changement de l’état de conscience de veille de mentale à supramentale, la fusion de la conscience spirituelle en celle de l’Absolu illimité et éternel.

La gloire doit s’entendre comme la splendeur Divine qui transparait dans toute la Création, la radiance de l’Absolu au sein même de la contingence humaine et limitée. Être un preux, c’est parvenir à la révéler et à la magnifier par une action d’éclat et, dans toute sa vie, par une conduite héroïque qui dépasse les limites de l’humanité ordinaire, aveuglée et affaiblie par la chute, et son actuelle pérégrination dans les basses-fosses de ses enfers karmiques intérieurs et sous-plantaires, et le désespoir que le monde actuel a savamment suscité en elle.

Cette gloire est objet de respect et d’admiration et inspire le désir de perfection, ce en quoi elle représente l’exemple dont vous devez faire de vous le vecteur sacré. Le chevalier la perçoit à travers la contemplation de la beauté visible qui en émane, dans l’harmonie musicale de la nature dont il doit faire préserver l’ordre, prenant comme premier point d’appui l’Amour-Force, cet amour si puissant que la force guerrière, brute et aveugle, abdique devant lui.

La Courtoisie

La courtoisie. Cette quatrième qualité cardinale qui achève le modèle chevaleresque parfait, consiste en un comportement fait d’attention(s, de politesse, de bienséance, de délicatesse, et de générosité. Elle implique la disponibilité totale du cœur, dont les deux faces sont l’hospitalité ou réceptivité (ou acceptation), et la largesse ou le don désintéressé. Son contraire est la grossièreté, la vulgarité, la brutalité, et l’avarice. Ce sont les femmes qui sont censées arbitrer la « courtoisie » en ce sens, s’en faire les témoins privilégiés, les gardiennes, et en préciser les lois subtiles en tant que l’un de leurs attributs à reproduire absolument par la gent masculine.

Pour l’éthique chevaleresque, la faiblesse de la femme (sa faiblesse musculaire) cache une force céleste et une sagesse beaucoup plus haute que celle des hommes, car plus subtiles. Celles qui portent la vie, qui incarnent la beauté, témoignent ici-bas de la gloire de l’Absolu vivant, tant dans sa polarité masculine que féminine qui ne sont infiniment que « UN ». C’est donc à cette figure terrestre de la perfection du Couple Sacré que s’adresse l’hommage des membres de la Noblesse. C’est de cette perfection qu’ils reçoivent les armes et c’est à elle aussi qu’ils dédient leurs actions. C’est elle enfin qui stimule le désir, éveille l’Amour-Force, suscite le courage qui sont les mobiles du perfectionnement et de la transmutation de soi, pour aboutir à la parfaite noblesse du cœur et de l’esprit. La femme est ainsi l’Absolu sensible au cœur, l’échelle de soie tendue vers les états supérieurs, l’étoile qui aimante le désir spirituel, quand l’homme est l’Absolu sensible à l’esprit, le socle de granit sur lequel asseoir la réalisation de soi au sein du monde de la matière ; l’un et l’autre empruntant à l’autre ses qualités propres en une union alchimique transcendant leur nature propre dans la parfaite complétude de leurs différences mutuellement complétives alors capables de recréer l’univers, le Ciel et la Terre.

[1] La femme n’ayant jamais eu sa place dans les arts de la guerre en Occident, pour notre part nous ne la mésestimons en aucune façon, tout au contraire, tant en tant que guerrière qu’en tant qu’initiatrice, prêtresse, mère, inspiratrice, conseillère, amante, consolatrice, reine, et créatrice.

Les septénaires chevaleresques

Beaucoup d’éléments liés à la condition de chevalier étaient liés au chiffre 7. Il est bien connu combien est importante cette valeur mystique par excellence, témoignant une fois de plus de la volonté d’union entre la matière (chiffre 4) et l’esprit (chiffre 3), entre le corps et l’âme, entre la condition humaine et la condition « Divine » immanente à la première, manifestation de la seconde, mais aussi de l’union de l’homme à la femme, là où la geste trouvaient son fondement, comme dans le sens des isomorphes de cette valeur initiatique qu’est le 7, avec le 5 + 2 représentant la nature humaine dans sa bipolarité complétive parfaite et ainsi créatrice, et le 6 + 1: représentant les forces ascendantes et descendantes, émettrices et réceptives, masculines et féminines, parfaitement unifiées et donc complémentarisées par le 1.

Les sept dormants

L’apprentissage des vertus doit s’entendre comme le développement des qualités de « virilité spirituelle » : l’orientation juste et la maîtrise de l’énergie vitale, dans le sens du courage, qui, étymologiquement, signifie « la force du cœur », et de la vigilance attentive. La racine « vir » (signifiant « homme » en Latin, opposé à « femme ») constituant le terme « virilité », est identique à celle du mot sanskrit « vīrya », terme technique de la doctrine hindoue de la régénération. Dans cette doctrine, et surtout dans celle du bouddhisme, la vīrya est cette force spirituelle qui, une fois isolée, est capable de réagir sur le mode habituel des éléments de l’être, développant une action qui ne fait plus partie de la « nature » et qui est donc assimilable à celle du « Feu non naturel » et du Feu « contre nature » de l’alchimie de la voie sèche. L’activation de cette énergie a pour but d’éveiller les centres subtils de l’individu et de transmuer l’énergie vitale en énergie spirituelle. Par ce feu interne ou « feu secret » de l’ « ardent désir », il s’agit de « séparer le subtil de l’épais », d’épurer le sang, et de libérer le corps de gloire.

Ainsi les vertus chevaleresques ont à la fois une valeur symbolique et opérative. Elles sont le moyen de connaissance et de réalisation : les sept vertus cardinales et théologales doivent éveiller les sept dormants des centres subtils et correspondant aux sept armes du chevalier. En même temps elles accomplissent l’ascension des sept sphères planétaires, la réalisation des sept couleurs du blason, et l’acquisition des sept pierres précieuses qui sont les étapes magiques de la réalisation de ce « Corps de Gloire », et qui, réunies, sertissent la couronne de la royauté parfaite. De même les Templiers prononçaient sept vœux lors de leur réception dans l’Ordre.

Les deux axes de transmutation de l’énergie étaient la guerre et l’amour. Ils correspondaient aux deux facultés « irascibles » et « concupiscible », à Mars et Vénus, au Soufre et au Mercure, aux deux colonnes du Temple (Yacin et Boaz, chère à la symbolique maçonnique).

Les sept dormants des centres subtils

1. Sacrum : chakra racine (Muladhara)

    • planète : Mars
    • gemme : escarboucle
    • émail : gueules (rouge)
    • Vœu templier : aider à conquérir et garder la Terre Sainte
    • Équivalent Archimagistéral : défendre le Temple Pyramide et ses vertus

2. Ventre : chakra intestinal (Svadhistana)

    • planète : Lune
    • gemme : perle
    • émail : argent (blanc)
    • Vœu templier : ne jamais quitter l’Ordre pour un autre
    • Équivalent Archimagistéral : ne jamais trahir

3. Plexus solaire : chakra solaire (Manipura)

    • planète : Soleil
    • gemme : rubis
    • émail : or (jaune)
    • Vœu templier : pauvreté
    • Équivalent Archimagistéral : cultiver l’être au détriment de l’avoir autant que l’humilité dans la Force

4. Cœur : chakra « cardiaque » (Anahata)

    • planète : Vénus
    • gemme : émeraude
    • émail : sinople (vert)
    • Vœu templier : protéger et secourir les chrétiens maltraités
    • Équivalent Archimagistéral : rétablir ce qui est juste partout où ce peut être fait

5. Gorge : chakra laryngé (Vishuddha)

    • planète : Mercure [2]
    • gemme : améthyste
    • émail : pourpre (violet / pourpre)
    • Vœu templier : chasteté
    • Équivalent Archimagistéral : maîtriser les énergies sexuelles créatrices et les instincts par la conscience

6. Front : chakra frontal (Ajna)

    • planète : Jupiter [2]
    • gemme : saphir
    • émail : azur (bleu)
    • Vœu templier : obéissance
    • Équivalent Archimagistéral : acceptation, lâcher-prise, et confiance en le Plan

7. Fontanelle : chakra coronal (Sahasrara)

    • planète : Saturne
    • gemme : diamant
    • émail : sable (noir)
    • Vœu templier : observer les traditions de l’ordre
    • Équivalent Archimagistéral : observer les traditions Archimagistérales
 [2] L’Archimagistère intervertit les valeurs « Mercure » et « Jupiter » par rapport aux chakras, plaçant « Mercure » à la place de « Jupiter » et inversement bien sûr. Voir à ce sujet le « Tableau des corps subtils internes et de leurs diverses correspondances » (nouvel onglet).
Pour les raisons justifiant cette différence, ouverture de la popup : Rectification des places de Mercure et Jupiter quant à leur analogie avec les chakras

Rappel des sept vœux des Templiers

  1. Aider à conquérir et garder la Terre Sainte (lieu du tombeau du Christ).
  2. Ne jamais quitter l’ordre pour un autre.
  3. La pauvreté (telle qu’envisagée précédemment).
  4. Protéger et secourir les chrétiens maltraités.
  5. La chasteté (même remarque).
  6. L’obéissance.
  7. Observer les traditions de l’Ordre.

Rappel des sept vœux des Archalchimistes

  1. Défendre le Temple Pyramide  et ses vertus (comme tout représentant de la Noblesse Orthodole quel que soit le Corps auquel il appartienne entre la Chevalerie, l’Archalchimie, et la Prêtrise Sacrale).
  2. Ne jamais trahir (sans doute le vœu le plus souvent trahi à ce jour).
  3. Cultiver l’être au détriment de l’avoir autant que l’Humilité dans la Force.
  4. Rétablir ce qui est juste partout où ce peut être fait.
  5. Maîtriser les énergies sexuelles créatrices, et les instincts par la conscience.
  6. Cultiver l’acceptation, le lâcher-prise, et la confiance en le Plan.
  7. Observer les traditions Archimagistérales (renforçant l’égrégore des serviteurs de la cause et des vertus de l’Âge de Diamant).

Rappel des sept pierres précieuses associées à la condition de chevalier

  1. L’escarboucle
  2. La perle
  3. Le rubis
  4. L’émeraude
  5. L’améthyste
  6. Le saphir
  7. Le diamant

Rappel des sept émaux du blason

  1. Gueules (rouge)
  2. Argent (blanc)
  3. Or (jaune)
  4. Sinople (vert)
  5. Pourpre (violet)
  6. Azur (bleu)
  7. Sable (noir)

Rappel des sept sphères planétaires

  1. Mars
  2. Lune
  3. Soleil
  4. Venus
  5. Mercure
  6. Jupiter
  7. Saturne

Les vertus chevaleresques

Les sept vertus chrétiennes originelles

  • Trois Vertus théologales : foi, espérance, charité.
  • Quatre Vertus cardinales : justice, prudence, force, tempérance.

Ces quatre vertus avaient déjà été cataloguées comme telles par les philosophes grecs (Platon, Aristote, et les Stoïciens) et latins. On les retrouve également dans le judaïsme hellénisé et chez les Pères de l’Église.

Les valeurs chevaleresques selon la foi chrétienne

  1. Amitié
  2. Amour
  3. Bienveillance
  4. Compassion
  5. Constance
  6. Courage
  7. Diligence
  8. Discipline
  9. Discrétion
  10. Douceur
  11. Douceur de caractère
  12. Endurance
  13. Fidélité
  14. Foi
  15. Gaieté
  16. Gratitude
  17. Honnêteté
  18. Honneur
  19. Humilité
  20. Libéralité
  21. Miséricorde
  22. Obéissance
  23. Paix
  24. Pardon
  25. Patience
  26. Pensées pures
  27. Propreté
  28. Prudence
  29. Pureté
  30. Tempérance
  31. Véracité
  32. Chasteté

Les valeurs Archimagistérales

Pour notre part nous, et outre les 111 articles du Code de la Noblesse Orthodole, nous retiendrons 33 vertus devant constituer l’idéal de la base du travail de l’Archalchimiste dans sa quête sacrée de l’accomplissement de soi sur tous les plans (physique, émotionnel, affectif, intellectuel, psychique, et spirituel) :

    1. Unité
    2. Amour-Force
    3. Honneur
    4. Humilité
    5. Honnêteté
    6. Respect
    7. Aspiration et identification à l’Absolu
    8. Sens de l’effort juste
    9. Sincérité
    10. Détachement et esprit d’abnégation
    11. Sens de l’humour
    12. Vigilance
    13. Discernement
    14. Tempérance
    15. Contrôle de la pensée, du verbe, et du geste
    16. Silence et discrétion
    17. Bienséance, politesse, délicatesse, et courtoise
    18. Disponibilité
    19. Sens du service désintéressé
    20. Effort de conciliation des opposés
    21. Sens de l’acceptation
    22. Maîtrise de soi
    23. Harmonie intérieure et équilibre
    24. Patience
    25. Volonté
    26. Courage et détermination
    27. Confiance en soi
    28. Purification constante
    29. Ténacité
    30. Persévérance obstinée dans le combat
    31. Joie
    32. Confiance absolue en le grand Plan prévu pour chacun
    33. Renoncement à soi-même

Chacune de ces vertus peuvent être couplées dans leur ordre inverse : la première à la dernier, la deuxième à l’avant-dernière, la troisième à la trente-et-unième, et ainsi de suite. Le résultat de chacun de ces alliances est un objet de méditation en soi au vue de l’implication résultant du sens de l’une et de l’autre ainsi associées.

La "chasteté initiatique" : une vertu pour tous

Vient lu latin « castus ». Son opposé est « incastus » qui a donné le mot « inceste ». Ne se confond pas avec la « continence » qui veut dire « abstention de relations sexuelles ».

La chasteté est une vertu qui doit être poursuivie par tous, marié ou non, célibataire ou non.

Au départ de chacune de nos vies, il y a un monde fusionnel caractérisé par :

    • l’absence de perception de la différence : du temps et de l’autre,
    • un monde sans faille, où l’on a l’illusion que l’échec ne peut exister,
    • un monde de toute puissance où rien ne peut nous être refusé.

Ce monde-là nous travaille intérieurement comme un paradis perdu égoïste. Devenir adulte c’est quitter ce monde-là pour entrer dans un monde « réel », s’inscrire dans des relations avec d’autres être sensibles, dans le temps, sans fusion, où l’échec peut arriver, et où on ne peut tout se permettre avec l’autre, et encore moins se l’accaparer comme sa propriété, implicitement ou explicitement, peu importe.

Être chaste, c’est renoncer à un monde parfait. C’est intégrer la possibilité et l’expérience de l’échec, comme intégrer celle de la déception et travailler en soi le sens de l’acceptation en rapport.

Être chaste, c’est renoncer à des relations jetables, alors que de bonnes relations se vivent dans la durée. Il faut du temps pour se faire à une personne et se faire soi-même à l’autre dans l’offrande de sa propre souplesse intérieure mais sans compromission quant à l’essentiel, quoi qu’il en coûte.

Est chaste celle ou celui qui renonce à tout vouloir tout de suite. Être chaste, c’est renoncer à un monde sans différences, où l’on pourrait faire l’autre à son image ou l’exiger de lui ou d’elle, où l’on projette sur lui ou elle l’objet de notre désir, en en faisant dès lors un objet pur et simple, celui de notre satisfaction propre, et l’aimant en retour pour ce qu’il ou elle nous apporte en termes de cette satisfaction.

Être chaste c’est considérer comme sacrée la différence de l’autre si cela est possible, ou renoncer à lui ou elle dans le cas contraire, sans se retourner.

Être chaste c’est faire un bon usage de sa séduction, alors qu’une vie chaste au sein d’un couple inclut l’autre (d’abord), soi-même, et le même Absolu UN, présent en chacun, en tant qu’élément de cohésion permettant de se voir en l’autre et de le ou la voir en soi.

Conclusion

La voie Archalchimique est un programme de toute une vie positionnée dans le sillon de la noblesse et de l’honneur, de l’œuvre de transmutation intérieure du vil en précieux, et de la poursuite perpétuelle du dépassement de soi. La bassesse est dans la perversion de ce qui est noble. La noblesse est dans la transmutation de ce qui est vil ou pervers en ce qui est évolutif pour tous. La voie de l’Archalchimiste constitue une manière de penser, d’envisager sa place dans le monde, ce que l’on veut vraiment quant à la raison de notre présence sur ce plan de conscience. Elle est l’occasion d’élargir cette conscience, une invitation de l’Absolu à rejoindre l’Absolu en soi, seul aspect de soi réellement vivant, dotée d’une réalité pérenne, d’une existence fondamentale.

Elle offre une vie entière d’expériences sous d’autres auspices que l’errance dans le labyrinthe mental et émotionnel au sein d’une condition limitée à un morceau viande pensant et doté d’une immatriculation sociale, en quête du moindre effort et des meilleures œillères possibles, de divertissements et de facilités, sans pour autant rechercher la difficulté non plus.

Nous avons la prétention de vous considérer comme infiniment supérieurs à cette condition-là, ayant une inébranlable foi en votre capacité de dépassement de toutes les limitations du monde, au-delà même de celles des univers.

Il ne vous reste plus qu’à vivre cette expérience de votre actuelle incarnation comme le tout premier jour du reste de votre vie d’éternité, car faute d’être immortels, éternels vous êtes en vérité.

Nous vous souhaitons le meilleur sur ce chemin de Gloire et de Paix, de Sérénité et d’Amour-Force infini, sur ce chemin de la Noblesse intérieure, donc aussi de la Noblesse extérieure que nous vous reconnaissons. Puisse le meilleur vous y être donné, conformément à ce que vous en aurez préalablement pensé. Puissiez-vous le méditer avant de le mentaliser et laisser venir à vous l’essence même du plus sublime de l’Absolu en vous que vous êtes en chacun.

Addenum

En ces temps si spéciaux et précieux, où nous vivons tous du plus petit au plus grand et de l’Initié au profane des découvertes et des moments que peu auraient seulement penser imaginer il n’y a encore que quelques siècles, sans parler des changements de paradigmes sans précédents qui touchent la Création dans son entièreté, la Noblesse de l’Âge de Diamant prend ses racines, sa raison d’être, ses fondements, et son rayonnement.

Fraternité d’Âmes, certainement. Défenseurs de l’Age de Diamant, clairement. Bâtisseurs et Agents d’Entretien du Règne retrouvé de la Lumière et de l’écoulement du Plan Divin et de ses flots sous l’Enseignement et la Guidance du Hiérodarque, indubitablement.

Au cours des siècles et mêmes au cours des millénaires passés, parmi la succession des Humanités et des Âges, il y a toujours eu des fraternités, des chevaleries faisant office de lanternes perpétuelles pour maintenir et transmettre des enseignements, « rallumer la flamme » le moment opportun, ou simplement être dépositaires de connaissances et d’énergies spécifiques transmises d’âges en âges jusqu’au moment où, enfin, réapparaît un Âge d’Or, ou naît un Age de Diamant…

Parfois officielles, souvent officieuses et s’adaptant malgré elles à la trame de l’Âge qu’elles traversent avec les dérives et perversions des connaissances déposées que l’on connaît, ces fraternités saines, sincères, et inspirées, se retrouvent toutes dans le cœur de la Noblesse de l’Âge de Diamant, vivantes en le cœur de ceux qui s’y rallient, qu’ils en soient conscients ou non, du moins pour ceux de ses membres qui choisissent la Liberté et la Transmutation plutôt que l’attachement et l’enlisement.

Le chevalier, en tant que représentant emblématique de la noblesse, de n’importe quel milieu authentique qu’il puisse provenir, incarne complètement et définitivement l’aspect « ACTION » de la dynamique qu’il représente, que ce soit celle d’un ordre, d’une cause, ou ici d’un Âge.

C’est lui qui est sur « le champ de bataille » (et là encore, quelle que soit la bataille) ou LE lieu de l’action, en vue de laquelle il a été rituellement et officiellement équipé, et paraît pour assumer et assurer sa mission, possédant les connaissances adéquates doublées d’une intelligence de situation lui conférant un minimum d’autonomie afin de mener à bien la mission confiée et acceptée par lui, voire plus exactement encore qu’il aura demandé à pouvoir assumer.

On se rend bien compte à ce niveau que l’importance accordée à la question de la noblesse a rarement été plus verticale qu’horizontale.

Ce n’est pas pour rien que le rite d’Initiation d’un Chevalier ou d’un Archalchimiste soit aussi codifié, long, et revêtant une importance toute particulière depuis sa préparation jusqu’au rituel en lui-même, avec la descente des énergies scellées par le serment.

Par rapport aux initiations qui peuvent éventuellement suivre et parsemer le cheminement du chevalier, ou du moins par rapport aux titres de noblesse qui lui sont supérieurs au sein de la tradition médiévale (baron, vicomte, comte, marquis, duc, et prince), c’est l’adoubement, avec la création du chevalier et sa réception au sein de la Cause et pour la Mission poursuivie, qui marquera le plus le corps dans son entièreté et là encore, ce n’est pas dû au hasard ; raison pour laquelle l’Initiation Archalchimique et l’élévation au rang de la Noblesse Orthodole qu’elle représente, sont conférés sur un modèle procédural équivalent. En effet, pour la petite histoire, lors de l’adoubement et dans la succession de codes et de rites mis en application à l’occasion de cet événement si spécial et ce, quelles que soient les époques et les chevaleries, le futur chevalier prononce son serment d’allégeance et sa détermination à genoux.

Cette position est une position d’humilité, mais considérée comme humiliante pour les individus égotiques, donc particulièrement mentaux et orgueilleux. Dans les genoux se trouve la double déclinaison (une par genou) du chakra inférieur nommé « Soutala », qui est le centre d’énergie propre à l’égo justement, très actif chez les individus gouvernés par la jalousie et l’expression du sentiment d’insatisfaction, d’infériorité, et du manque de considération notamment compassionnelle de la part d’autrui (à tort comme à raison).

Énergétiquement, il existe une corrélation genoux-tête, ou plutôt genoux-cœur-tête, particulièrement importante durant le rituel.

La figure géométrique suivante montre le lien qu’il existe entre les chakras des genoux en bleu, celui du cœur en vert, et ceux des oreilles en orange en passant par celui du nez.

Le triangle indigo ayant ici une surface de 1, tandis que le vert a une surface de 7.

genoux-coeur-tete

Dans cette figure remarquable on observe au final que :

    • le rapport des hauteurs des triangles est de √7,
    • le rapport des côtés des triangles est de √7,
    • le périmètre total des deux triangles est de 16,621,
    • le périmètre total 16,621 x √7 = 44 (chiffre bien connu dans Bâtisseurs Sacrés et des Compagnons, que nous ne détaillerons pas ici mais qui est un des nombres les plus magiques et vibrants que nous connaissions. Le secret de fabrication de la pierre philosophale étant d’ailleurs codé dans une gravure dont la clé de lecture est le nombre 44),
    • le périmètre total 16,621 / 2√7 = π.

Le chiffre sept étant un chiffre récurrent et hautement important dans la chevalerie, ce n’est pas un hasard de le retrouver à ce point et dans ce contexte de l’adoubement…

Que se passe-t-il ?

Lors de la cérémonie d’adoubement le futur chevalier, en s’agenouillant, déclenche « naturellement » ce mécanisme énergétique et subtil qui le met en état de réception total à tous les niveaux (y compris inconscient ; en passant les filtres du mental comme sous hypnose).

Comme une coupe, les mots du serment prononcés s’engouffrent alors littéralement dans le chakra des oreilles et du cœur, le chakra des genoux bloqué.

Cet état permettra de réciter le serment d’une manière des plus conscientes, puisqu’au-delà de la simple récitation solennelle, cette ouverture énergétique et tout-à-fait « chevaleresque « , permettra que le serment prononcé impacte jusque dans l’inconscient le chevalier, façonnant en profondeur et à partir de ce moment, sa nouvelle vie…

Bien plus qu’un titre porté donc, le chevalier est l’incarnation d’une fonction qui s’articule autour d’un Régent et de ses indications, et dont le moteur autant que le carburant se situe dans l’ACTION, et l’Action Parfaite pour être optimal (du moins l’action Juste, conformément, pour nous, aux « Cinq Piliers de la Perfection »).

Concernant la l’Archalchimie en tant qu’organisation représentative de la Noblesse de l’Âge de Diamant à proprement parler, toutes ces caractéristiques sont bien évidemment maintenues à la différence près qu’elles sont transmutées à un degré Adamantin, ce qui insiste encore plus sur la notion de Responsabilités et d’Action, la noblesse d’Âme, la bravoure, l’honneur, la loyauté à la Mission et à son Premier Serviteur qui nous a fait Archalchimistes et nous a élevés au rang de la noblesse en rapport, et dont on accepte de partager la tâche à la mesure de notre investissement et de notre sincérité, avec toutes les qualités des hommes bons, valeureux, et droits.

Si la chevalerie n’attirait donc à elle que les âmes sincères et éprises de Service envers les autres, les causes justes, les opprimés et les plus faibles, la Noblesse d’Âge de Diamant œuvre pour l’émergence, le maintien et l’entretien d’une dynamique Juste garantissant l’équilibre et l’évolution (par opposition à l’incohérence et au recul).

Si le dévouement caractérise la chevalerie d’une manière générale, le sens de l’effort et du sur-effort, cher aux Âges du Retour à l’Absolu, s’applique à la Noblesse d’Âge de Diamant. L’effort constant d’illuminer ses ombres chaque jour. L’effort conscient de faire vibrer les formules sacrées qui sont fournies aux Archalchimistes comme autant de « mots de pouvoir » pour qu’ils puissent accomplir leur Quête. L’effort constant leur permettant de se surpasser et de dépasser leurs propres limitations mentales qui les empêchent d’avancer et qui les illusionnent.

La Chevalerie, l’Archalchimie qui lui fait suite, et la Prêtrise Sacrale de l’Âge de Diamant qui la parachève, forment un creuset dans lequel sont constamment coulés et transmutés les métaux alchimiques subtils qui permettent de façonner le monde, et à l’Initié, de jouer le rôle qui est le sien dans la Création et au regard de tous les êtres sensibles qui nous observent et qui comptent sur nous…